Lors d’un passage de frontière la veille le douanier nous a froidement rappelé que notre visa CA-4 (le visa touristique autorisant à rester dans le quatuor Guatemala/Honduras/El Salvador/Nicaragua durant un maximum de 90 jours) allait expirer deux semaines plus tard et que nous ferions mieux de quitter le pays avant cette date limite. Ceci nous a imposé un programme serré pour notre séjour au Nicaragua, León a été notre premier point de chute dans le plus grand pays d’Amérique Centrale.
Notre première impression de León a été qu’il y fait très chaud. Une chaleur telle qu’il n’y a pas un chat dans les rues entre 11h et 16h. Anne et moi avons la fâcheuse tendance à nous retrouver de sortie aux heures les plus chaudes et notre premier jour à León n’a pas dérogé à la règle.
Seconde impression de León : la ville a une palanquée d’églises, partout. Des églises nicaraguayennes, des églises espagnoles, des églises françaises. León possède même la plus grande cathédrale d’Amérique Centrale.
La cathédrale recevant une couche de peinture fraiche, vue depuis l’arrière
Quelques uns des nombreux lions de León
La troisième impression de León c’est le bruit. Mais nous n’avons pas de photo des enceintes d’1m50 de haut beuglant les offres commerciales du jour à CHAQUE COIN DE RUE.
L’impression probablement la plus forte que procure León, c’est la fierté d’être le “berceau de la révolution”, là où a été fondé le FSLN (Frente Sandinista de Liberación Nacional), le Front Sandiniste de Libération Nationale. Les Sandinistas sont nommés en l’honneur d’Augusto Sandino, héro national contre l’occupation des Etats-Unis dans les années 30, ils constituaient l’armée guérilla gauchiste qui a renversé Anastasio Somoza, le troisième et dernier dictateur de la famille Somoza ayant dirigé le pays entre 1936 et 1979.
Nous avons passé quelques heures au Musée de la Révolution, un piteux bâtiment sur la place principale. La visite coûte deux dollars et le prix inclut un guide qui nous a emmené immédiatement sur le toit précaire de l’édifice. Il nous a demandé de marcher sur ses pas pour ne pas risquer de passer à travers les tôles rongées par la rouille. Le toit offre un joli panorama sur les quartiers alentours, la place centrale et les volcans qui encerclent León. Puis nous avons attendu cinq minutes de plus pour apprécier la sirène quotidienne de midi qui annonce historiquement l’heure du déjeuner. Anne a tenté de faire comprendre à notre guide que les bruits forts la font facilement sursauter, mais il a précisé que l’attente en vallait vraiment la peine. Nous sommes donc restés sur le toit, sous le soleil cuisant à attendre ce que León a de plus fort à offrir.
Cliquez ici pour une courte video depuis ce toit de musée.
Une fois redescendus du toit et de retour à l’intérieur, nous avons exploré le premier étage, une sorte de coquille vide à hauts plafonds qui a autrefois accueilli des réceptions pour la haute société avant de devenir un lieu de torture et de maltraitances durant le régime Somoza. D’intenses histoires nous ont été racontées par notre guide ex-guérillero concernant des frères d’arme tombés au combat, mais aussi la révolution couronnée de succès qui a suivi.
Dans cette pièce de nombreux guerrieros ont été abattus à bout portant.
Au rez-de-chaussée étaient exposés de nombreux articles de journaux et photographies contemporains à la révolution, et à la fin de la visite notre guide a sorti sa carte d’identité pour faire coïncider son nom avec celui de l’adolescent de 17 ans posant avec le reste de sa troupe sur une photo usée.
Notre guide, au premier rang le troisième en partant de la gauche.
Jeunes combattants du FSLN durant l’insurrection populaire de septembre 1978
Et puis il m’a fortement invité à me mettre à l’épaule ce bazooka vide.
De retour dans les rues sous une chappe de plomb pour nous rendre au marché pour trouver de quoi manger.
Avocats parfaits en taille et en saveur
Notre deuxième jour à León la chaleur était trop étouffante pour faire quoi que ce soit, donc nous sommes restés dans le patio de notre auberge pour travailler tout en restant bien hydratés. Prochaine étape, Granada !




















