Pour notre troisième jour à Medellín nous avons décidé de prendre le très recommendé Real City Tour, une visite pédestre de 5 heures qui allait nous guider à travers le centre de Medellín et son histoire. Le prix était juste (gratuit, hors pourboire pour le guide) et nous avons grandement apprécié l’humour et les explications claires de notre guide Caroline sur l’histoire complexe de Medellín.
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Top 5 des faits que nous avons retenus du tour :
- L’argent de la drogue n’a pas construit Medellín, Medellín a contruit Medellín et continue à le faire aujourd’hui.
- Beaucoup de prostitution, de consommation de drogues et d’alcool, de vente de pornographie ont lieu à proximité des églises, l’idée derrière cela étant “pèche puis prie, t’auras pas de soucis”.
- “Paisas,” les colombiens de Medellín, sont connus pour être incroyablement doués dans l’art du business et sont, de réputation, d’excellents menteurs. Cela vient de la bouche de Caro, elle-même “paisa”, pas de la mienne.
- Il y a vingt ans, a cause des problèmes de drogue et de corruption, personne ne pensait que Medellín serait capable de construire un métro. Aujourd’hui le métro est adoré par les paisas ; fièreté de la ville, il est impeccable, sans aucun graffiti, pas même un seul message gravé sur les vitres. Anne s’est même vue demandée de ranger son paquet de popcorn, manger étant interdit dans l’enceinte du métro. A ce jour Medellín est l’unique ville colombienne équipée d’un métro.
- Ne donne pas de papaye – expression colombienne signifiant “n’exhibe pas de choses de valeur ou elles disparaitront aussitôt”.
Cette gare ferroviaire, qui n’est plus utilisée aujourd’hui, a constitué une avancée majeure pour Medellín durant la Révolution Industrielle. Le chemin de fer a en effet créé la première connexion entre Medellín (qui est entourée de montagnes) et le reste du pays, lien essentiel qui a facilité le transport d’or puis de café et a apporté beaucoup de richesse à la ville.
L’impressionnant “Monument à la Race” qui illustre l’histoire de Medellín à travers une immense vague en béton. Le sculpteur lui-même est bétonné dans son oeuvre (ses cendres sont dans une urne se trouvant dans l’une des colonnes supportrices de la sculpture).
Hommage à Gilberto Echeverri Mejía et Guillermo Gaviria Correa qui ont été kidnappés par les FARC et séquestrés dans la jungle pendant un an. Ils ont été tués en 2003 lors d’une mission de sauvetage râtée.
Le règne de Pablo Escobar sur Medellín n’a apporté que terreur et insécurité et les problèmes dans la ville n’ont pas disparu du jour au lendemain à sa mort en 1993. Des milliers de personnes ont fuit les campagnes et rejoint la ville pour échapper aux groupes guérillas, mais sans aucun moyen de subvenir à leurs besoins ils se sont inexorablement tournés vers le crime et la prostitution pour survivre. A l’aube des années 2000 un programme innovant a été mis en place pour regagner les espaces publiques de Medellín ; des lieux qui furent a un moment donné considérés comme les plus dangereux de la ville ont été transformés en espaces magnifiques et accueillants, généralement avec un élément éducatif pouvant être apprécié de tous. Cette place est un exemple de ce qui s’appelle “architecture démocratique” : anciennement haut lieu de crime et d’activités louches, la place a été nettoyée et est désormais magnifiquement illuminée la nuit ; le bâtiment noir en arrière-plan est une bibliothèque publique offrant à tous un accès gratuit aux livres, ordinateurs et autres sources d’information.
Vous vous rappelez le fait n°2 ? La rue sur la gauche de cette église offre des milliers de disques pornographiques et la femme en shorts rouges à droite de la porte est en plein travail.
Buñuelos, une sorte de pâte fromagère frite, dans ses trois étapes de fabrication.
Le palais Rafael Uribe Uribe. Son histoire telle que racontée par notre guide : Le palais a été imaginé et dessiné par un architecte belge et la partie la plus complexe de l’édifice que l’on peut voir aujourd’hui a été construite sous sa coupe dans le milieu des années 1920. Découragé après quasiment une décennie passée à affronter tout un tas de ridicules obstacles bureaucratiques, l’architecte a abandonné le projet et le bâtiment fut laissé à l’abandon pendant près de 50 ans. Quand les colombiens ont finalement repris le projet, au lieu de suivre les plans de construction originaux, jugés trop complexes, ils ont construit un simple mur blanc. Et c’est ainsi que le Palais de la Culture Uribe arbore deux styles distincts.
Alors que nous apprenions sur le métro situé au dessus de nos têtes, nous devions nous tenir en arc-de-cercle serré pour éviter l’instrusion de badauds, les colombiens étant incroyablement curieux et dépourvus de toute timidité. L’effet ne s’est pas fait attendre, au bout de quelques minutes nous pouvions voir des yeux épiant au dessus de nos épaules et des locaux curieux tentaient de s’introduire à l’intérieur du cercle.
Public attentif. Quand notre guide a terminé son monologue de 10 minutes au sujet de la Plaza de Bolivar, l’homme sur la droite nous a chaleureusement souhaité la bienvenue à Medellín.
Parque San Antonio, avec le “Pajaro de Paz” (Oiseau de Paix) de Botero. Un samedi soir de juin 1995 des guérilleros ont fait exploser une bombe sous la sculpture d’oiseau alors qu’un concert battait son plein sur la place. L’explosion a tué 31 personnes, fait plus de 200 blessés et a détruit la sculpture. Fernando Botero a ordonné que les restes de l’oiseau soient laissés sur place et une réplique de la sculpture originale a été par la suite placée à ses côtés, comme un message de protestation contre la violence.
Cinq heures d’histoire de Medellín en poche, nous sommes partis pour un autre voyage en télécabine, cette fois-ci sur les flancs est de la ville. Bernt a adoré.
L’expression de Mía quand on lui dit “vamos !”. Immédiatement après elle se rue vers la porte d’entrée.
Etrangement Mía est la seule qui regarde droit vers l’objectif de l’appareil photo.
Le lendemain, parapente ! L’affiche dans le bus lit “En cas de mal des transports, s’il vous plait demandez un sac.” Cela présageait d’un trajet d’une heure bien mouvementé pour rejoindre le site de parapente.
Anne et moi en vol en même temps
Zone de décollage et d’atterrissage
En vol surplombant Medellín. J’ai demandé à mon pilote depuis combien de temps il volait et il m’a répondu sept ans. Il avait 19 ans.
Quelle chance de pouvoir nous envoler au dessus d’une telle ville !





