Depuis Arequipa nous avons rejoint notre dernier arrêt au Pérou, Puno. Puno ne présente pas un grand intérêt, hormis le fait d’être le point de départ de nombreux bus pour la Bolivie, et nous n’avions pas prévu de passer plus de 24 heures dans cette petite ville.
Puno a également une ambassade bolivienne où les citoyens des Etats-Unis peuvent obtenir leur visa bolivien. Il n’est pas requis de visa pour les Européens, mais la Bolivie a cette taxe de réciprocité d’entrée dans le pays pour les citoyens américains ; 160$ leur donne droit à un visa multi-entrées (bien que j’imagine pour les Boliviens il n’est pas plus facile d’entrer en Europe qu’aux Etats-Unis). Il y a un incroyable manque d’information claire et fiable quant à l’obtention de ce fameux visa, du coup au lieu d’attendre que notre bus nous dépose à la frontière bolivienne pour obtenir le visa, et potentiellement voir Anne renvoyée à Puno, nous avons décidé de jouer les personnes responsables et d’aller chercher ce visa au consulat à Puno. Il était trop tard l’après-mid de notre arrivée à Puno, donc nous avons déjà dû repousser notre bus de 7h du matin le lendemain pour celui de 14h. Nous sommes arrivés devant le consulat à 8h pétantes pour y trouver ce message sur la porte.
Nous n’irons pas dans le détail sur le fait que personne (police, office du tourisme, agences de voyage, chauffeurs de taxi) n’avait la moindre idée d’où cette adresse se trouvait, ou encore moins nous dire qu’une fois le consulat trouvé nous aurions à faire l’aller-retour trois fois en taxi entre le consulat et le centre-ville à cause d’une incapacité à savoir nous donner les correctes informations. Nous ne détaillerons pas non plus cet “itinéraire” imaginaire de notre séjour en Bolivie que nous devions rendre, ni la photocopie de taille comiquement grande (pleine page) de la carte de crédit d’Anne comme preuve de ressources suffisantes pour le séjour. Nous n’aborderons pas non plus le fait qu’une fois la taxe de 160$ payée, les billets de 20$ ayant été scrupuleusement inspectés (plusieurs ont été rejetés pour des imperfections telles que… un pli), et le visa accordé, il n’était valable que pour une durée de cinq ans, bien que nous étions convaincus que la validité devait en être de dix. Conclusion de cette histoire, le visa peut être facilement obtenu à la frontière, inutile de courir par monts et par vaux pour cela.
Anne en train d’éditer les lignes bleues sur sa photo, scannée à partir de son passeport, pour obtenir une photo avec le fond blanc requis. Un peu plus tard, dans le dossier de visa cette photo a été finalement réduite à quelques pixels sur un carré de 2cm x 2cm, et l’incroyable qualité de l’imprimante noir et blanc de l’ambassade bolivienne a immédiatement supprimé du visage d’Anne la moindre ligne bleue.
Anne a adoré cette peinture fantastique accrochée au dessus de notre lit à l’auberge, et particulièrement le chaton noir sur les genoux de la fée.
En trici-taxi pour rejoindre le terminal de bus. Direction Bolivie !
Quitter le Pérou n’a pas été une mince affaire non plus. Bien que nous savions que la durée maximale légale de séjour sans visa au Pérou est d’environ six mois, notre estimation de la durée de notre séjour à 30 jours, que nous avions donnée lors de notre conversation à 3h du matin avec le douanier à la frontière en provenance de l’Equateur, nous a auto-infligé une restriction de temps de séjour dans le pays. Nous avions pris le gribouillage sur notre tampon d’entrée comme étant la signature du douanier, c’était en réalité un affreux “30” ; un ultimatum que nous nous étions sans le savoir donné pour quitter le Pérou. Anne a tenté d’expliquer que si nous étions restés plus longtemps que prévu au Pérou c’était dû, en partie, à une méchante grippe qui m’avait cloué au lit pendant une dizaine de jours, mais également parce qu’étant tombés sous le charme des innombrables richesses du Pérou nous n’avions pas vu passer le temps (à l’exception de ce dernier jour…). Cause toujours. Le douanier nous a montré la MULTA (i.e. amende) d’un voyageur aussi mal informé que nous, un Japonais qui, lui, a dégoté une amende de 435$ (nous sommes toujours curieux de connaitre son histoire !) comme preuve que nous n’étions pas les premiers à devoir payer les frais de dépassement d’une limite de séjour auto-imposée. Nous avons donc dû nous rendre à la banque nationale la plus proche, située à cinq minutes en tuc-tuc du poste de douane, payer en liquide les 36$ (1$ par personne par jour de dépassement) en utilisant nos derniers billets de 20$ acceptables (lire immaculés), faire des photocopies en double et en triple de la MULTA précédemment mentionnée, en utilisant la monnaie reçue en échange des dollars de notre amende puisque nous avions pris le soin de dépenser nos derniers Soles péruviens et n’avions pas encore de Bolivianos, avant d’obtenir un tampon rouge pétant EXCESSIVE STAY sur nos passeports à côté de nos tampons de sortie du pays. A l’entrée en Bolivie nous avons eu confirmation que le visa qu’Anne s’est vue donné aurait dû être de dix ans et non pas cinq, une erreur inhérrante à l’incompétence du consul de Puno, information trouvée plus tard à La Paz, qu’Anne devra faire corriger une fois de retour à Paris. Sans surprise nous étions les derniers passagers à remonter dans notre bus pour Copacabana en Bolivie. Le 20 janvier 2016 n’est pas à marquer d’une pierre blanche.
Autre jour, autre pays, autre énergie ! Le lendemain matin nous avons pris la direction de l’Isla del Sol, l’un des sites religieux les plus importants du monde Andin, localisé sur la plus large étendue d’eau douce d’Amérique du Sud et le plus haut plan d’eau du monde (à 3812 mètres d’altitude), le lac Titicaca. Nous étions surpris et perplexes quand on nous a précisé que le trajet de 12km en bateau allait prendre environ trois heures (une rapide règle de trois me fait comprendre que notre embarcation n’allait pas plus vite que cette bonne vieille marche à pied), mais ce détail a pris tout son sens quand le bateau a fait rugir son unique moteur de 25 chevaux, emmenant lentement la centaine de passagers vers leur destination tant attendue.
Nous nous sommes faits déposer sur la côte au nord de l’île où nous avons joint une visite de groupe des zones sacrées de cette section de l’île. Il nous a ensuite fallu marcher 2h30 le long de la ligne de crète de l’île pour en rejoindre la partie sud où nous allions passer la nuit.
Environ 3000 personnes vivent sur l’île, survivant de leurs propres cultures et du tourisme.
Le rocher du Puma, ou Titi Kharka, duquel le lac tire son nom. Autrefois lieu de pèlerinage, nous avons été invités à nous mettre en cercle autour du rocher sacré et à y apposer nos mains pour changer nos énergies.
Rassemblés autour d’une fontaine de jouvence, pour se laver le visage avec de l’eau revigorante.
Les touristes adorent empiler des pierres.
La vue depuis notre hôtel sur la côte sud de l’île. Isla de la Luna est le petit morceau de terre que l’on peut voir au milieu du lac, et les montagnes que l’on aperçoit sont les pics enneigés de la Cordillera Real des Andes.
Lever de soleil sur Isla del Sol
Notre hôtel était celui perché en haut sur la gauche.
Isla de la Luna ; beaucoup plus petite que l’Isla del Sol, 25 familles seulement y vivent.
De retour sur l’Isla del Sol, en attendre de notre traversée retour vers Copacabana ; là ce sont les célèbres Escaliers Incas.
Il n’y a pas le moindre doute, Copacabana est tournée vers le tourisme, le bord du lac grouille constamment d’activité.
Nous avons grimpé pendant 30 minutes jusqu’au sommet de l’Horca del Inca, un observatoire Inca surplombant Copacabana.
On peut apercevoir l’Isla del Sol à l’horizon
Copacabana, la ville a donné son nom à sa fameuse cousine brésilienne.
Copacabana est un lieu de pèlerinage pour tous ceux désirant bénir leur véhicules. Chaque jour une longue file de voitures ornées de fleurs, chapeaux et cravates attendent qu’un prêtre passe pour en bénir chaque partie (moteur, pneus, sièges, …). Nombreux sont les touristes étrangers qui ne peuvent s’empêcher de commenter que davantage de prévention routière et une voiture bien assurée sont tout aussi efficaces.
Cliquez ici pour un résumé en vidéo de nos aventures à Copacabana et le Lac Titicaca.




























